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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 18:06

Ce matin j’ai cueilli trois brins de muguet, de trois terrains différents. Je les ai mis dans un petit verre d’eau, bercés par un quatuor de Haydn. Assis derrière la vitre qui me sépare du vent, écrire dispose de cette lumière accrue, je regarde, je sens, les clochettes, blanches, enlignées sur leur tige.

Hier j’ai rencontré un de mes frères. La rencontre était simple, la conversation se posait sur les êtres et les choses, le visage des ombres aimées, sans chercher à régler le sort du monde.

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 00:17

...que je ne vous ai lus, écrit. Maman est morte. Depuis 2004, j'ai accompagné mon père, mort en 2009, puis ma mère, fin 2016. Durant ces années, j'ai appris ainsi à leur dire papa, maman. Ce n'est pas du tout la vie que j'avais imaginée. Or, je ne changerais aucune de ces années, aucun de ces gestes, aucune de nos impatiences, aucun de leurs sourires, j'ai ce très grand privilège d'être devenu homme, fils, père, en acceptant de jouer ce rôle de prendre soin d'eux. J'ai appris à les connaître, à me connaître, très souvent aujourd'hui je me surprends à leur parler, je fais parfois le geste de leur téléphoner, puis je m'arrête, réalisant l'absence.

C'est tout, je voulais vous le dire, vous qui m'avez lu avec tant d'attention, d'affection. Je vous salue en toute amitié, vous dis au revoir, à bientôt.

Jean-Marc

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 22:47

Hier, en quittant le boulot à 15h, je me rends à l'hôpital visiter un collègue de travail. Ce dernier n'étant pas à sa chambre, parti subir des tests, je décide de vérifier si un de mes anciens confrères d'école, que j'avais rencontré par hasard lors d'une précédente visite est encore interné. Vérification faite, il y est encore, interné en psychiatrie. Je décide de lui rendre visite. Cet ancien confrère, par ailleurs ancien libraire, a été diagnostiqué bipolaire il y a une douzaine d'années. Comme cela arrive souvent, lorsque son état se stabilise, il joue avec sa médication, à la recherche, d'une certaine exaltation que lui refuse sa médication. Ainsi, de crises en crises, il a perdu sa famille, son emploi, a vécu l'itinérance, puis, suite à une crise du même ordre, a été pris en charge en institution, où récemment, on a revu sa médication. Chaque fois, c'est un peu plus difficile, il vieillit, sa santé ne s'améliore pas. Il y a maintenant 6 mois qu'il est hospitalisé, il semble qu'il soit rendu, dans le processus, à se trouver une chambre pas trop chère qui lui permette de refaire surface dans le monde. Ce devrait se faire bientôt. Je raconte cela parce que je réalise que passer une demi-heure avec quelqu'un que personne ne va voir est à ma portée, que cela lui a fait du bien, je sentais sa dignité en même temps que son désir de me dire merci, je veux aussi dire que cela m'a fait du bien, à moi aussi.

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 19:12

Je n'ai jamais su ce qui la faisait souffrir. Pas faute d'avoir essayé. Aujourd'hui, j'ai laissé tomber, je m'ajuste à ses pas.

Je suis le deuxième de ses 6 enfants, nés de 1952 à 1962. Jeunes, nous avions conscience que parfois elle disparaissait, et nous en même temps qu'elle, qui chez une tante, qui chez les grands-parents ou chez des étrangers. Puis nous revenions, en famille, dans ce milieu qui n'était jamais simple.

 

Très jeunes, on nous disait que maman était allée se reposer, avait fait une retraite, avait fait ses valises jusqu'au jour où nous avons appris qu'elle avait reçu des électrochocs et qu'on avait provoqué chez elle un coma à l'aide de ce qu'on appelait des chocs à l'insuline.

 

L'explication reçue était qu'elle portait trop de mauvais souvenirs et que ces chocs devaient l'en débarrasser. Vous imaginez bien que l'effet obtenu ne fut pas du tout l'effet recherché.

Aujourd'hui, à 87 ans, elle porte encore cette tristesse qui a fait dire, alors que j'étais présent, au médecin de la résidence qui ne la connaissait pas, qu'elle avait un fonds dépressif très important, et ma mère de s'écrier tout étonnée: Moi??? Des fois, même dans la misère secrète de ses humeurs, elle me fait rire et, espiègle, elle se joint à moi.

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 17:51


elle dort le jour j’arrive de l’école
elle raconte affalée la fuite des heures

j’étais belle ton père ne me voit plus
le bungalow les voisines cette vacuité

la nuit elle dessine des têtes de clown
parfois elle se met au piano

hier soir elle appelle affolée
de ne pas être le centre de tous les égards

il y a deux jours sa compagne de table
a dit deux fois le mot hypocrite

-je n’ai rien fait pour mériter cela
quelqu’un s’affaire à mon malheur

elle menace de quitter la résidence
à pied s’il le faut

samedi elle aura 87 ans
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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 15:50
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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 20:27

journée de congé

il neige ou il pleut je dois traverser le pont
Jacques Cartier pour me rendre à Longueuil
accompagner ma mère vieil olivier tordu
le temps les cartilages usés la douleur
os sur os les yeux enfoncés soulignant
la vérité des nuits cet âge implacable
tu ne m'attends pas je te surprends
retire ton manteau pendant qu'Anne-Marie
la bénévole respire mieux 
nous voyons ton spécialiste rien à faire
pour les genoux appliquer de la glace
20 minutes le matin 20 minutes le soir
un rituel s'ajoute aux restrictions la joie
est affaire d'instants volés
je vois j'entends je prends le rythme
d'un lente dérive et cette douleur
à la hanche depuis un mois j'apprends
qu'elle n'a rien à voir avec la hanche
nous allons aux radiographies du dos
nous tirons le rideau pour enfiler
la jaquette bleue attachée dans le dos
et qui baille cet abandon que tu as
d'un seul coup comme tombent
les résistances inutiles

revenir à la résidence est un exploit
te retrouver assise au coin du lit
courbée dans la pénombre

je suis ému comme devant un paysage
je reconnais ton courage et le silence
tu attends d'une parole l'écho du monde
son amour absolu
et moi le fils de cinquante huit ans
recompose les gestes improbables
les caresses d'allumettes
j'attends encore de l'âme
un apaisement oui
j'attends cela
désespérément

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 00:51

Ce soir, c'était lecture de poésie à la librairie Olivieri, chemin de la côte des neiges à Montréal. J'ai lu une dizaine de minutes, entouré de trois poètesses, Katrine Godin, Jocelyne Felx et Célyne Fortin. J'y ai lu des extraits de mon dernier recueil paru au Noroît, Illuminer les cendres. C'est, pour moi, toujours très spécial de lire en public, n'étant pas très familier de la chose.

 

J'aime beaucoup, comme si les mots prenaient une autre dimension d'être non seulement dits, mais entendus. J'espère avoir quelques extraits à mettre en ligne, la soirée ayant été captée pour radio-spirale, diffusion quelque part dans les semaines à venir.

 

Voilà, je voulais juste partager ce moment avec vous.

 

je vous embrasse

 

Jean-Marc

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