Poésie et court récit poétique
Respirer, ah, respirer le sentier. Accueillir l'errance et les ferments Abandonner le froid à son idée, passer le petit cap rocheux, plonger dans le sillage des huards. Être saisi. Tu habites de mieux en mieux l’instant, le notant dans un carnet, tu lui donnes un avenir. Tu entres dans la bonté avec des mots sans rudesse, tu apprends le nom d’une fleur, son ombre fragile résiste au vent. Ceci est une clairière, elle porte un nom inoubliable. Tu abrites des courants contraires, annules un rendez-vous, tout cela est sacré. Tu ne t’excuses plus d’être ailleurs, en soi, tu avances dans les creux, combles les silences d’autres silences. Tu reconnais le travail de la lumière aux ombres abandonnées. Les objets ne t’appartiennent pas, tu laisses les êtres t’habiter avant de les retourner à eux-mêmes.